le N°2 du magazine Légende, entièrement consacré à Angela Davis, paraitra le mercredi 16 septembre



A l'intérieur, vous trouverez, entre autre chose, la traduction par Samuel Légitimus de la fameuse "Lettre ouverte à ma sœur, Angela Davis" écrite par James Baldwin le 19 novembre 1970 et qui contribua grandement à la libération de celle-ci.

100 pages

20 € en kiosque et en librairie


Alors que le monde entier manifeste aujourd’hui contre le racisme et les violences faites aux Noirs, Légende consacre son 2e numéro à cette icône qu’est Angela Davis. Figure marquante des années 1970, elle fut de toutes les luttes contre l’injustice raciale. La mort de George Floyd a ravivé son aura. On a reconnu son poing levé et sa coupe afro désormais blanche sur le port d’Oakland en juin dernier. Sa vie est une expérience édifiante doublée d’une leçon de courage et de ténacité.


LES SIGNATURES DE LÉGENDE


Écrivaine et journaliste qui a beaucoup travaillé sur Mohammed Ali, Judith Perrignon s’est aussi prise de passion pour le parcours d’Angela Davis, intellectuelle accomplie et militante. Elle revient sur son enfance à Birmingham, Alabama – ville où elle est née en 1944, et qui était alors la plus parfaitement ségréguée des États-Unis –, sur ses longues études qui l’ont menée de New York à la France, en passant par l’Allemagne, sur ses rencontres avec James Baldwin, Malcolm X, et plus décisive encore, avec le philosophe marxiste Herbert Marcuse. Engagée au parti communiste américain et, conjointement, au Black Panter Party à partir de 1968, traquée à la suite de son soutien aux prisonniers noirs américains par le FBI pour une prétendue complicité de meurtre et de kidnapping, Angela Davis a risqué la peine de mort. Des manifestations à travers le monde et la pression de l’opinion publique lui ont gagné sa libération. Acquittée, elle est devenue professeure de philosophie à l’université de Californie où elle a enseigné jusqu’en 2008. La journaliste raconte comment elle a continué de lutter sa vie durant pour le droit des femmes et des minorités, et contre la discrimination des personnes LGBT, elle qui révèlera publiquement son homosexualité.


Légende présente un portfolio du mythique photographe américain Gordon Parks, premier reporter photo noir à intégrer le magazine Life et premier cinéaste afro-américain à s’imposer à Hollywood. Prises dans les années 1950, ces images illustrent la ségrégation au quotidien en Alabama.


DANY LAFERRIÈRE, GISÈLE PINEAU ET VÉRONIQUE OLMI RACONTENT LEUR ANGELA


Dany Laferrière raconte comment Haïti a pris fait et cause en 1968 pour Angela Davis, au moment de son emprisonnement puis, plus tard, dans ses combats intellectuels, comme philosophe et marxiste. Son action a plu aux Haïtiens, l’un des premiers peuples à avoir arraché son indépendance.


Parallèlement à l’enfance d’Angela Davis en Alabama, sous l’oeil du Ku Klux Klan, Gisèle Pineau, raconte la sienne, elle qui est née dans une famille originaire de Guadeloupe et a grandi dans une cité du Val-de-Marne. Dans le regard d’une majorité de « Français de souche », ils se sentaient demeurer « les négros, la marge fangeuse des cases en paille d’Afrique, des descendants des sauvages présentés dans les zoos humains et les anciennes expositions coloniales ». Elle donnera le prénom Angela à l’héroïne de son premier roman, car, comme elle, celle-ci prend la parole pour dire sa vérité, dénoncer les travers du monde, demander justice et exiger la fin des temps barbares.


Véronique Olmi n’oubliera jamais le livre d’Angela Davis, Femmes, race et classe et l’association ardente de ces trois mots, leur flamboyance sans pitié. Comme Angela Davis, il faut croire, dit-elle, au pouvoir des gens qui se rassemblent, il faut faire des liens entre les causes, les luttes et les nations.


UN MORCEAU D’HISTOIRE AMÉRICAINE ET INTERNATIONALE


Correspondant de presse aux États-Unis depuis près de trente ans, Philippe Coste est retourné à Birmingham, où Angela Davis continue de fasciner. Pour certains, elle est une reine ; pour d’autres, c’est une rock star. Il a assisté à la remise du prestigieux Prix Shuttlesworth du Birmingham Civil Rights Institute, qu’Angela Davis aurait dû recevoir un an plus tôt si des voix au sein du jury ne s’étaient élevées contre son soutien à la cause palestinienne.


Pour Pauline Peretz, historienne spécialiste des minorités juives et afro-américaines aux États-Unis, Angela Davis conserve une place très importante comme inspiratrice et autorité politique au sein de la communauté noire. Et c’est plus à l’icône des années 1970, éminemment charismatique, à laquelle on se réfère : intellectuelle, activiste et rebelle. Celle qui voit la possibilité que se réalise ce pour quoi elle lutte depuis cinquante ans cherche à faire naître un mouvement qui soit capable de représenter « la classe ouvrière, les mouvements antiracistes, les femmes, les LGBT, les revendications contre la guerre et la justice environnementale ». Sans oublier la question des droits des Palestiniens, sur laquelle elle est très radicale.


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Légende est un trimestriel qui raconte les parcours singuliers des légendes contemporaines, des figures d'exception dont la vie éclaire en profondeur notre époque. Signé par les plus grandes plumes, ce magazine revêt un format hors norme dans la forme comme sur le fond: 70% de photo, 30% de récit. Toute photo mérite sa légende. Notre époque aussi.

Le premier numéro était consacré à Zinédine Zidane

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