VEILLÉE TONI MORRISON - vendredi 9 août à partir de 19h à la librairie anglophone The Red Wheelbarrow (Paris)

August 7, 2019

 

 

Annonce aux adeptes et passionnés de l’œuvre de TONI MORRISON !!

Après la nouvelle choc de la disparition, le 6 août, de l'immense écrivaine TONI MORRISON, Le Collectif James Baldwin, le Cifordom et Dooboot Radio ont décidé, dans la tradition de nos cultures noires, d'organiser une "veillée Toni Morrison" le vendredi 9 août à partir de 19h à la librairie anglophone The Red Wheelbarrow située en face des grilles du jardin du Luxembourg 9, rue de Médicis Paris 6e (métro, bus et RER; Luxembourg)

Entrée Libre

les lectures et performance artistique sont libres

lire des extraits d’œuvres de Toni Morrison.

Chacun amène quelque chose à manger et à boire!!

contact - Samuel Légitimus collectifbaldwin@free.fr

 

 

EN MÉMOIRE DE TONI MORRISON

 

 


"LORSQUE LES GRANDS ARBRES TOMBENT" ("WHEN GREAT TREES FALL") de MAYA ANGELOU

en français, anglais et allemand

Composé à la mémoire de ses amis-frères que sont Alvin Ailey, James Baldwin, Franck Floyd, John O. Killens et Julian Mayfield, ce poème, que Maya Angelou récita également lors des funérailles d'Ossie Davis et Max Roach, est parfaitement adapté à la perte de sa grande amie Toni Morrison

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"LORSQUE DE GRANDS ARBRES TOMBENT" de Maya Angelou

(Traduction©Samuel LÉGITIMUS)

Lorsque les grands arbres tombent,
Les roches sur les collines lointaines frissonnent,
Les lions courbent l'échine
dans les hautes herbes,
et même les éléphants
se déplacent d'un pas lourd à la recherche d'un lieu sûr..

Lorsque les grands arbres tombent
dans les forêts,
les petites choses reculent dans le silence,
leurs sens
érodés au-delà de la peur.

Lorsque les grandes âmes meurent,
l'air qui nous entoure devient
légère, rare, stérile.
Nous respirons, à coup bref.
Nos yeux, brièvement,
perçoivent avec
une clarté offensante.
Notre mémoire, brusquement aiguisée,
examine,
rumine d'aimables paroles non-dites,
des promesses de promenades
jamais tenues.

Les grandes âmes meurent et
notre réalité, liée à eux,
prend congé de nous.
Nos âmes,
dépendantes de leur nourriture,
sont à présent rétrécies, ratatinées.
Nos esprits formés
et informés par leur
éclat,
déclinent.
Nous ne sommes pas tant affolés que réduits à l'indicible ignorance
des grottes
sombres et froides.

Et quand de grandes âmes meurent,
Après une période, la paix fleurit,
de manière lente et toujours irrégulière.
Les espaces se remplissent d'une sorte de vibration électrique apaisante.
Nos sens, restaurés, qui ne seront jamais
les mêmes, nous chuchotent:
Ils ont existé. Ils ont existé.
Nous pouvons être. Être et être
meilleurs. Car ils ont existé."

*********

WHEN GREAT TREES FALL - By Maya Angelou

When great trees fall,
rocks on distant hills shudder,
lions hunker down
in tall grasses,
and even elephants
lumber after safety.

When great trees fall
in forests,
small things recoil into silence,
their senses
eroded beyond fear.

When great souls die,
the air around us becomes
light, rare, sterile.
We breathe, briefly.
Our eyes, briefly,
see with
a hurtful clarity.
Our memory, suddenly sharpened,
examines,
gnaws on kind words
unsaid,
promised walks
never taken.

Great souls die and
our reality, bound to
them, takes leave of us.
Our souls,
dependent upon their
nurture,
now shrink, wizened.
Our minds, formed
and informed by their
radiance,
fall away.
We are not so much maddened
as reduced to the unutterable ignorance
of dark, cold
caves.

And when great souls die,
after a period peace blooms,
slowly and always
irregularly. Spaces fill
with a kind of
soothing electric vibration.
Our senses, restored, never
to be the same, whisper to us.
They existed. They existed.
We can be. Be and be
better. For they existed.”

********

"WENN GROSSE BÄUME FALLEN" von MAYA ANGELOU

(Übersetzung©Mathilda Légitimus)

"Wenn große Bäume fallen,
schaudern Felsen auf fernen Hügeln
Die Löwen kräuseln die Wirbelsäule
im hohen Gras,
und sogar die Elefanten
Wandern mit schweren Schritten zu einem sicheren Ort.

Wenn große Bäume fallen
in den Wäldern,
treten die kleinen Dinge in die Stille zurück,
ihre Sinne
erodiert über die Angst hinaus.

Wenn große Seelen sterben,
wird die Luft um uns herum
leicht, dünn, steril.
Wir atmen kurz.
Unsere Augen, kurz,
nehmen mit
offensiver Klarheit wahr.
Unsere Erinnerung, verstärkt geschärft,
nagt an freundlichen Worten -
ungesagt,
Versprechen von Spaziergängen -
nie gehalten.

Die großen Seelen sterben und
unsere Realität, eng mit ihnen vereint,
nehmen Abschied von uns.
Unsere Seelen,
abhängig von derer Nahrung,
sind jetzt verengt, verschrumpelt.
Unsere gebildeten Köpfe -
gedüngt von deren
Glanz
sinken jetzt, verschrumpeln.
Wir sind nicht stark aufgewühlt wie auf die unaussprechliche Ignoranz reduziert
von dunklen und kalten
Höhlen.

Und wenn große Seelen sterben,
blüht nach einer Weile der Frieden auf,
langsam und stets uneben. Die Räume füllen sich
mit einer Art beruhigender elektrischer Vibration.
Unsere Sinne, restauriert, für immer verändert, flüstern uns zu.:
Sie haben existiert. Es gab sie wirklich.
Wir können existieren. Leben und
uns bessern. Weil sie existierten."

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