"LA PROCHAINE FOIS, LE FEU" RESSORT AUJOURD'HUI !

March 22, 2018

 

 

 

Événement!!! Aujourd'hui, c'est le grand jour!

 

Après plusieurs années d'indisponibilité, le livre culte de James Baldwin "LA PROCHAINE FOIS, LE FEU" ressort enfin chez Folio, assorti d'une nouvelle préface de Christiane TAUBIRA

 

Prix: 6,60€

 

Cet ouvrage de référence a été publié pour la première fois aux USA il y a 55 ans - le 31 janvier 1963 - sous le titre original THE FIRE NEXT TIME.

 

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Nous vous proposons de lire la fameuse coda de l'ouvrage

 

 

 

À quoi peut servir le passé des Noirs américains?

 

Il n'est pas du tout impossible que ce passé d'humiliations se dresse bientôt pour nous écraser tous. Il y a certaines guerres par exemple, s'il reste quelqu’un dans le monde d'assez fou pour déclencher une guerre, auxquelles les Noirs américains refuseront de participer quel que soit le nombre d'entre eux à subir des contraintes, et il y a une limite au nombre de personnes qu'un gouvernement quel qu'il soit peut jeter en prison et une limite extrêmement rigide à la praticabilité d'une telle mesure. Une facture va nous être présentée que, je le crains, le peuple américain n'est pas disposé à payer.
 

Le problème du XXe siècle, écrivit W E.B. Du Bois il y a une soixantaine d'années, est celui des relations entre Blancs et Noirs. Un problème effrayant et délicat qui compromet, lorsqu'il ne corrompt pas, tous les efforts américains à bâtir un monde meilleur ici, là ou n'importe où. C'est pourquoi il faut reconsidérer dès maintenant tout ce que les Blancs américains pensent être leur credo.

 

Il serait lamentable de voir encore une fois les peuples se former en blocs sur la base de leur couleur. Mais aussi longtemps que nous autres, à l'Ouest, donnons à cette question l'importance que nous lui donnons, nous rendons impossible à tous les déshérités du monde de s'unir selon aucun autre principe. Humainement, personnellement la couleur n'existe pas. Politiquement elle existe. Mais c'est là une distinction si subtile que l'Ouest n'a pas encore été capable de la faire. Et au centre de ce terrible orage, de cette vaste confusion se trouvent les Noirs de ce pays à qui il faut maintenant partager le sort d'une nation qui ne les a jamais acceptés et dans laquelle ils furent amenés couverts de chaînes. Eh bien, s'il en est ainsi, il ne nous reste qu'à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour changer ce destin et quels que soient les risques à encourir : l'expulsion, l'emprisonnement, la torture, la mort.


Pour l'amour de nos enfants, afin que la facture qu'eux auront à payer soit aussi petite que possible, nous devons prendre bien soin de ne nous réfugier dans aucun faux-fuyant. Et donner de l'importance à la couleur d'une peau est toujours, partout et à jamais un faux-fuyant. Je sais que je demande l'impossible, mais à notre époque, comme à toutes les autres,l'impossible est le moins que l'on puisse exiger. Nous sommes, après tout, encouragés à le faire quand nous considérons l'histoire de l'humanité en général et celle du Noir américain en particulier, car elle témoigne de rien moins que la réalisation perpétuelle de l'impossible.

 

Lorsque j'étais très jeune et que je traînais avec mes copains dans ces entrées d'immeubles tachées de vin et d'urine, quelque chose en moi se demandait : Qu'adviendra-t-il de toute cette beauté? Car les Noirs, même si certains d'entre nous, Noirs et Blancs, ne le savent pas encore, sont très beaux. Et lorsque, assis à la table d'Elijah (Muhammad), je regardais ce bébé, ces femmes, ces hommes tandis que nous parlions de la vengeance de Dieu - ou d'Allah -, je me demandais : « Et quand cette vengeance sera consommée, qu'adviendra-t-il alors de toute cette beauté? » Je sentais également que l'intransigeance et l'ignorance du monde blanc rendraient peut-être inévitable cette vengeance - une vengeance qui au fond n'appartient à, et ne saurait être consommée par aucune personne ou organisation et qu'aucune police et aucune armée ne sauraient prévenir : une vengeance historique, cosmique, fondée sur la loi que nous reconnaissons lorsque nous disons : « Tout ce qui s'élève doit redescendre.»

 

Et nous voilà, au milieu de la courbe, pris au piège dans le plus voyant, le plus coûteux, le plus invraisemblable toboggan que le monde ait jamais connu. Il nous faut agir maintenant comme si tout dépendait de nous - faire autrement serait un crime. Si nous nous montrons digne - et par nous j'entends les Blancs relativement conscients et les Noirs relativement conscients qui devons, tels des amants, faire pression sur ou créer la conscience des autres - peut-être la poignée que nous sommes pourrait-elle mettre fin au cauchemar racial, faire de notre pays un vrai pays et changer le cours de l'histoire...


Si nous n'avons pas, et dès aujourd'hui, toutes les audaces, l'accomplissement de cette prophétie, reprise de la Bible dans une chanson écrite par un esclave, est sur nos têtes:

 

Et Dieu dit à Noé,
Vois l'arc-en-ciel bleu
L'eau ne tombera plus
Il me reste le feu...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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